Débat des chefs en français : des échos dans l’Ouest
Mercredi a eu lieu le premier débat de la campagne électorale fédérale, le seul en français. Du coût de la vie aux grands projets énergétiques, en passant par les relations avec les Premières Nations et la crise climatique, voici quelques moments du débat qui ont trouvé écho dans l’Ouest. À peine le débat de deux heures commencé, la question du logement s’est imposée, un dossier qui préoccupe des villes comme Vancouver. Le chef libéral Mark Carney a rappelé sa promesse de doubler le rythme de construction de logements résidentiels au pays lorsqu’il a été demandé aux chefs de lister deux éléments concrets amenés à changer la vie des Canadiens. Le chef libéral, Mark Carney, répond à une question pendant le débat en français Photo : Reuters / Sean Kilpatrick Je vais couper les impôts pour les travailleurs moyens de 15 % et enlever la TPS sur les maisons neuves. Mais entre promesses et attaques, aucun des deux partis en tête dans les sondages n’a encore dévoilé de cadre financier. Quel sera le coût de leurs mesures respectives? Des budgets qualifiés Jagmeet Singh s'est attaqué au bilan de Pierre Poilievre quand il occupait les fonctions de ministre responsable de la SCHL. Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov Mark Carney, qui a dû essuyer les critiques d'Yves-François Blanchet au sujet du coût de l’oléoduc Trans Mountain — ce pipeline qui relie Edmonton, en Alberta, à Burnaby, en Colombie-Britannique — s'est lui montré plus nuancé, en parlant d’une exploitation de pétrole « bas carbone » afin de réduire les importations en provenance des États-Unis. Des manifestants en soutien aux chefs héréditaires des Wet'suwet'en défilent au centre-ville de Vancouver, en Colombie-Britannique, en opposition au projet de gazoduc Coastal GasLink, le mercredi 12 février 2020. Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms Devant la posture des deux chefs en matière d’énergie, le néo-démocrate Jagmeet Singh y est allé d’un ton cinglant, après avoir rappelé son soutien aux projets d’énergie verte et sa proposition de création d’un réseau électrique est-ouest. Lors du cinquième et dernier thème abordé durant le débat, la question de l’unité nationale a été abordée, en référence à l’élan de patriotisme canadien face aux menaces américaines, mais aussi aux menaces séparatistes lancées par la première ministre de l’Alberta Danielle Smith et aux promesses de référendum au Québec. Pierre Poilievre répond aux questions des journalistes après le débat en français, tenu à la Maison de Radio-Canada, à Montréal, le 16 avril 2025. Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui La santé est aussi revenue dans cette partie du débat, par le chef néo-démocrate qui a défendu à de nombreuses reprises l’importance d’investir dans les services publics. Le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet répond aux questions des journalistes après le débat en français. Photo : Reuters / Evan Buhler À la suite du débat, un journaliste a interrogé le chef bloquiste sur la question de l'indépendance éventuelle de l'Alberta, dont certains résidents cultivent un sentiment d'aliénation à l'endroit du gouvernement fédéral, entre autres dans le domaine de l'exploitation des ressources naturelles. Yves-François Blanchet, étant pour la souveraineté du Québec, encouragerait-il l'Alberta à faire de même? Jeudi aura lieu le débat en anglais, toujours à Montréal, modéré par Steve Paikin, animateur de l’émission d’affaires publiques phare de TVO, The Agenda with Steve Paikin, à 19 h (HAE).Coût de la vie et logement

Je suis avec vous, ceux et celles qui ont de la misère à payer l’épicerie, ou des jeunes qui ne peuvent pas acheter une maison, après une décennie inflationniste libérale
, a lancé pour sa part le chef conservateur Pierre Poilievre au cours des échanges portant sur le deuxième thème de la soirée, le coût de la vie.à la Harry Potter
par le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, et de magie
par le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh.
Sur la question du logement, c’est intéressant de voir les chefs avoir différents chiffres, chacun a une idée et des estimations, mais avons-nous vraiment une solution? Non
, juge Sara Biggs, analyste politique.Énergie et climat
Drill, baby, drill
, a plaidé Donald Trump... des propos qui s'apparentent à la posture du chef conservateur, en faveur des pipelines. Pierre Poilièvre a répondu clairement qu’il souhaitait augmenter la production de pétrole au pays et a rappelé son souhait d’abroger le projet de loi C-69 en plus de supprimer la taxe carbone pour les grands pollueurs.Et si des Premières Nations disent non à ce genre de projet, est-ce que vous l’imposerez?
À la question de l’animateur Patrice Roy, Mark Carney a répondu après quelques minutes qu’il était évident qu’il n’imposerait pas sa volonté. Pierre Poilievre, lui, n’a pas répondu de façon claire, bien que la question lui ait été posée à trois reprises.
La crise climatique ne va pas frapper dans le futur : c'est maintenant
, a-t-il déclaré.Températures extrêmes, feux de forêt, inondations, ça coûte trop cher. [...] On doit protéger notre environnement, on doit protéger nos enfants
, a lancé le chef néo-démocrate, en faisant référence notamment aux incendies qui ont ravagé l’ouest du pays à différentes reprises ces dernières années.Identité et souveraineté
Il faut unir le Canada autour de notre identité commune
, a déclaré le chef conservateur, en citant l’importance de la langue française et de la langue anglaise. Lors de ce thème, Pierre Poilievre a aussi promis qu'un gouvernement conservateur ne toucherait pas au droit à l'avortement. 
Les Canadiens s’unissent et veulent un agenda positif. Notre système de santé et notre diversité font partie de nos forces
, a indiqué pour sa part Mark Carney.La santé pour moi est une question d’identité. C’est quoi l’identité canadienne? C’est l’idée d’avoir un système de santé universel, de le renforcer et de le protéger.
M. Singh a été très actif dans ce dossier et on le voit aussi dans la campagne électorale du NPD, au niveau local de certaines circonscriptions, comme c’est le cas à Edmonton, où on met beaucoup l’accent sur la défense du système de santé,
signale Frédéric Boily, professeur de science politique au Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta.
Je ne veux pas me prononcer sur la volonté des Albertains de faire leur souveraineté ou pas
, a-t-il dit. Une nation se définit elle-même et aurait le droit à l'autodétermination.
Mais le désir d'exploiter à fond la caisse le pétrole définit difficilement une nation ou une culture
, a-t-il nuancé.
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